Longtemps restée mystérieuse, l’hypnose dévoile petit à petit ses secrets grâce aux neurosciences : pas de pouvoir surnaturel, pas de fluide magnétique, pas de sommeil non plus. Le cerveau ne subit rien : il se réorganise. Ce mode de fonctionnement particulier de l’hypnose constitue un « état de conscience modifié ».
Grâce aux neurosciences et à l’imagerie médicale (IRM fonctionnelle (Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle) et EEG (Electroencéphalographie), nous pouvons maintenant découvrir et mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur de notre tête.
Voici les quatre mécanismes clés révélés par la science.
1. Le « Contrôleur » se met en pause (Le Cortex Préfrontal)
L’IRM montre un premier phénomène fascinant : certains secteurs de notre cerveau s’activent différemment. Une zone en particulier voit son activité diminuer : le cortex préfrontal. Cette zone gère le raisonnement, le contrôle et le sens critique. Elle joue habituellement le rôle de « contrôleur ». C’est cette petite voix intérieure qui analyse sans arrêt, juge tout et dit : « C’est impossible », « ça n’existe pas » », « c’est trop difficile » … Dans cet état d’hypnose, elle se met en retrait.
Parallèlement, les régions associées à nos émotions (amygdale, hippocampe) et à la conscience corporelle (insula) s’activent davantage.
Exemple avec une séance d’arrêt tabac : Si vous tentez d’arrêter de fumer d’une manière classique (patch, volonté …), votre cortex préfrontal vous répète souvent ce genre d’excuses : « C’est ta seule pause », « Ça te calme »… Avec l’hypnose cette petite voix s’éteint et elle laisse la place à vos émotions et à vos valeurs (grâce à l’amygdale et à l’hippocampe), permettant à vos motivations profondes de jouer un rôle transformateur.
2. Le silence intérieur (Réduction du Mode par Défaut)
Généralement quand nous restons inoccupés et que nous ne faisons rien, notre cerveau s’active en « tâche de fond », c’est ce qu’on appelle le Réseau du Mode par Défaut (RMD). C’est le mode du vagabondage mental, des pensées parasites et des rêveries.
Quand vous venez dans mon cabinet pour faire de l’hypnose, vous êtes tranquillement installé, sans activité. Et pourtant votre cerveau ne se met pas en mode par défaut. Les études montrent même une chose extraordinaire : en état d’hypnose, ce mode de fonctionnement par défaut diminue. Le flux incessant des pensées se calme, jusqu’à parfois disparaître. Cette sensation agréable étonne beaucoup : juste être là, sans aucune pensée.
Ceci s’explique scientifiquement grâce au réseau de l’attention (via le cortex cingulaire antérieur) qui devient plus actif. Plus simplement, l’énergie du cerveau, au lieu de s’éparpiller, se focalise entièrement sur l’expérience en cours. Ce changement de fonctionnement permet au monde extérieur de s’estomper pour laisser place à une expérience intérieure riche. (Pour aller plus loin : lire l’article original)
3. La plasticité : Quand l’imaginaire devient réel
Les neurosciences prouvent aujourd’hui une chose étonnante : pour le cerveau sous hypnose, imaginer, c’est faire. Des expériences portant sur les couleurs ont été menées. (voir l’étude détaillée) Si l’on suggère à une personne en état d’hypnose de voir des couleurs, les zones visuelles dans le cerveau s’activent réellement, même si elle a les yeux fermés et le cerveau ne fait plus la distinction entre le réel et l’imaginaire, ce qui est fascinant. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité.
L’exemple du Tabac : C’est ici que les suggestions agissent. Je peux vous suggérer que la cigarette a un goût écœurant. Le cerveau traite cette information comme une réalité sensorielle. Par conséquence, l’association neuronale « cigarette = plaisir » est alors remplacée par « cigarette = dégoût », facilitant le sevrage sans lutte. Pendant cette suggestion, la personne hypnotisée vit pour de vrai cette sensation : elle ressent réellement du dégoût.
4 Ce que nous dit l’électroencéphalogramme : une « sentinelle » reste éveillée
Contrairement aux idées reçues, l’électroencéphalogramme (EEG) confirme que l’hypnose n’est pas du sommeil. On y observe des ondes Thêta, caractéristiques d’une relaxation profonde et de l’état de rêve, mais avec un esprit qui reste alerte.
Une sorte de « sentinelle » veille toujours. C’est une sécurité biologique qui vous permet de garder le contrôle sur vos valeurs morales profondes et de sortir de l’état d’hypnose instantanément si la situation l’exigeait.
Conclusion
En résumé, les neurosciences confirment que l’hypnose n’est ni de la magie, ni une perte de contrôle. Derrière l’hypnose se cache bien une réalité physiologique, comme je l’ai développé dans les différents points ci-dessus.
Comprendre les mécanismes qui entrent en jeu me permet d’affiner, d’orienter et d’adapter ma façon de travailler et pas uniquement appliquer une méthode apprise. Le travail de collaboration entre vous et moi commence dès la mise en place de ce processus. Vous n’êtes pas passif, mais bien actif tout au long de la séance. Finalement la magie se cache plutôt ici : dans le déroulé unique et extraordinaire de chaque séance.





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